Deus Ex Human Revolution

Jaquette

Onze années sont passées depuis le premier titre, intitulé "Deus Ex". Exclusivement réservé aux joueurs PC puis par la suite propulsé sur la console de Sony, il avait réussi à mélanger deux genres : FPS et RPG. Deux genres inhabituellement mixés qui furent à l’honneur dans un des titres les plus mémorables du XXIème siècle vidéo-ludique.  Bizarre à dire... le "vingt-et-unième siècle". En parlant du continuum espace-temps, nous nous retrouvons ici balancés dans un avenir assez proche, en 2027 plus précisément. Époque cyberpunk dans laquelle les plus grandes puissances mondiales se résument en des companies de protection et des laboratoires dont le but, devenu lucratif, se définit en ces augmentations visant à améliorer la vie de l’homme. Le gouffre séparant les riches et les pauvres ne faisant que s’élargir, ces augmentations devenues tabou pour une grosse partie de la population possèdent bien des facettes. Caché - ou plutôt fondu - derrière ce scénario futuriste plutôt costaud voir démentiel, Human Revolution eut comme objectifs d’allier une fois de plus les deux célèbres styles tout en offrant aux joueurs un univers palpitant à explorer. Ainsi, il se qualifie non pas comme un shooter tel que nous en connaissons actuellement, mais comme un jeu de rôle dont l’avancée dépend des faits et gestes du joueur tout en lui proposant plusieurs manières de négocier les niveaux. En 2004 sortait sur Xbox et PC "Invisible War", suite qui n’a pas réussi à poursuivre le mythe comme il se devait d’être continué. Faute à la portation sur console ? Peut-être. Nous retrouvons ainsi cette suite indirecte qui, elle à son tour, est sortie durant le mois d’août sur PC, Xbox 360 et PS3.  Longtemps développée par Nixxes avec la participation de Eidos Montreal, il tient ses promesses et, contre toute attente, pourrait bien être le jeu de l’année.

Test de Deus Ex Human Revolution !

Nous incarnons Adam Jensen, ancien membre de la police d’intervention "S.W.A.T.", qui travaille en 2027 pour Sarif Industries en tant que chef de la sécurité. Société qui procure au peuple ainsi que paradoxalement à l’armée ces fameuses prothèses - ou augmentations - donnant à certains de nouvelles fonctions voir une nouvelle vie. Jensen est lui-même confronté à l’ajout de ces augmentations suite à une attaque imprévisible et plutôt violente des bureaux et laboratoires de la société-même. Entre la vie et la mort, Sarif n’hésite pas à le remettre sur pieds. Avant cette attaque, et donc deux années avant la poursuite du scénario, Adam s’occupait des préparatifs visant à envoyer l’équipe, parmi lesquels sa compagne Megan Reed, à Washington pour faire découvrir au monde une avancée grandiose et importante. Et là, le drame : l’attaque par des personnes mécaniquement augmentées et des groupes d’hommes armés sur l’industrie. La mort de Megan, tuée durant l’attaque, ne fait que renforcer la vision de Jensen sur la sécurité de l’époque ainsi que, parallèlement, sur la criminalité en hausse ainsi que sur ces augmentations. "Nous naissons humains, restons-le !". Telles sont les phrases lancées par les protestants. Contre la robotique ou la chute électronique d’un monde déjà au bord du gouffre, ces personnes luttent chaque jour contre la société. Et c’est dans ce monde de terreur que, deux années plus tard, Jensen reprend du service et est envoyé à travailler aux quatre coins du monde, jusqu’en Chine en passant par Montréal. Luttant intérieurement contre toutes ces questions tournant autour de l’attaque qu’il a vécu, deux années plus tôt, le chef de la sécurité peut désormais se transformer en une vraie machine de guerre.

Vous dites, Adam Jensen ?

Salutations ! J’ai la classe.

Le tout dans un univers au thème cyberpunk, tout droit sorti de films de sciences-fiction et, surtout, de l’imagination d’Eidos Montreal. Le scénario est juste grandiose. La richesse de l’écriture et la créativité d’un tel monde nous laissent ébahis devant notre écran. La grosse difficulté fut sûrement d’adapter ce scénario en images de synthèse, de manière à bien sentir ce milieu futuriste et d’en faire partie une fois la partie lancée. Et il semble que l’adaptation persiste comme magistrale. Deus Ex Human Revolution, c’est un peu le film policier/sci-fi que nous rêvions d’interpréter. Les personnages qui y apparaissent possèdent aussi leur propre charisme et leur propre histoire. Quant à notre héros, Adam Jensen, il détient cette classe jamais vue dans un shooter. Rien que ses habits, sa façon de parler, ... etc. Bref, comme beaucoup l’ont dit : "c’est la grande classe". Ce qui fait de cette personne un être classe et, au final, attachant.

Boss.

Les boss, du mauvais côté de ce monde manichéen, se présentent comme éléments-clés de tous les évènements.

Passons maintenant de l’autre côté de ce monde manichéen : chez les "méchants". Les boss contre qui nous combattront à certains moments ne sont d’autres que les principaux personnages et ennemis scénaristiques du jeu. D’une part ceux qui ont attaqué en personne les laboratoires deux années auparavant, et d’autre part l’ensemble des personnages secondaires qui ont oeuvré et mis au point l’attaque. Jensen n’a pas en tête cette vengeance à la Shwarzi ou à la Rambo sur un village vietnamien aux mains des méchants et baraqués russes, mais opte plutôt pour sa propre enquête. Surtout qu’ayant été flic, il sait comment s’y prendre et possède tout d’un agent efficace sur le terrain.

Critique conséquente.

Cette critique s’annonce d’ores et déjà assez conséquente en taille puisqu’il y a énormément à dire sur ce titre. Passons maintenant aux premiers éléments que comporte le gameplay de Human Revolution. Vous le savez, ce troisième opus opte pour un monde ouvert. Ainsi, chaque ville dans laquelle nous séjournerons comportera son lot de missions et de possibilités. Le petit reproche à faire envers cet opus, c’est qu’il ne propose pas assez de missions secondaires pour nous occuper longtemps dans la ville/le lieu en question. Ainsi, lorsque les quelques missions secondaires seront accomplies, il ne restera que le principal objectif, notre raison d’être en ces lieux. Human Revolution reste ce FPS à monde ouvert qui se décale des linéaires shooters que nous connaissons en proposant une avancée libre. Le seul petit problème, c’est qu’il manque de quoi s’amuser. Notre héros ne faisant pas partie d’une famille Sims ni de l’univers de Rockstar, il ne peut rien faire d’autre à part accomplir ses missions. Mais... attendez, Adam reste une machine ! Et les robots possèdent cette fâcheuse "vue de cheval de course" ne leur permettant pas de s’écarter dans la niaiserie. Pour faire plus clair, aucun divertissement n’est prévu dans Deus Ex. Si vous considérez que le piratage reste un divertissement et une tâche fun à exécuter, alors vous prendrez énormément de plaisir à pirater tous les terminaux et autres systèmes de sécurité de la ville !

Passif ou actif ?

La discrétion reste préférable dans les milieux hautement gardés.

Et lorsque Adam se lance dans une mission, deux choix s’opposent à lui : être "passif" et donc jouer dans la discrétion, ou être violent et tuer tout le monde d’une manière bourrine. La 3ème option, facultative, persiste à ne toucher personne et à passer simplement sans faire la moindre action. Ce qui reste difficile à faire. Bref. Quoi que vous fassiez, vous avez l’embarras du choix en matière de chemin à suivre. Et quoique que vous fassiez, si vous le faites bien, vos choix n’influenceront pas la mission en elle-même car Deus Ex peut très bien être joué comme un bon gros shooter. Lorsque vous entrez dans la zone de la mission-même, un bâtiment cerné et une multitude de passages s’ouvrent à vous. Sauf lorsqu’ils sont fermés, le piratage est nécessaire. Passer par un conduit d’aération, par une porte fermée ,par un balcon ou sur les toits, vous aurez vite du mal à vous faire un plan concret.

Système de couverture.

On passera la plupart du temps à couvert.

Adam étant mi-humain mi-machine, il possède donc certains implants robotiques. Et ces implants, il s’en sert pour éliminer efficacement ses ennemis. Chose promise, chose due, c’est avec bonheur et satisfaction que nous endormirions ou tuerions les ennemis qui se dresseraient sur notre chemin. Le passage en vue à la troisième personne à chaque élimination rend la chose plus classe. Ceci dit, lorsque l’élimination s’effectue, le monde autour s’arrête et vous devez réagir en une fraction de seconde lorsque la vue revient à la première personne si vous ne voulez pas que votre plan tombe à l’eau. Et ce, surtout lorsque plusieurs ennemis rôdent dans les parages et qu’il ne vous reste plus beaucoup de pile d’énergie... On regrettera ces enchaînements impraticables dû notamment au passage à la troisième personne qui possède ses bons (surtout visuels) et mauvais (non-efficacité dans le gameplay) côtés. La caméra se positionne aussi à la troisième personne lorsque Jensen se met à couvert ou lorsqu’il grimpe à une échelle. Certains pourraient chiquer aux quelques premières minutes de jeu faute à l’importation de cette caméra, mais le tout se maintient et s’oublie rapidement. Restant à la mode, ce système de couverture rend très bien puisqu’il ajoute quelques subtilités lors des déplacements muraux. Les fans seront peut-être déstabilisés par ce système et les joueurs actuels n’y verront aucun problème.

Les différentes augmentations.

Les améliorations sont nombreuses et jouent un rôle important sur votre efficacité sur le terrain.

Human Revolution permet au joueur d’avancer selon ses envies aussi bien durant les missions et dans le monde que dans les capacités de son héros. Les "augmentations", déjà implantées dans le corps de celui-ci, peuvent être améliorées voir complètement boostées. Ainsi, les capacités comme celle de voir à travers les murs ou recharger son énergie plus rapidement ( ainsi qu’un tas d’autres), seront disponibles par le biais de points d’amplification acheteables dans des cliniques ou gagnés avec l’expérience acquise sur le terrain. Cette expérience se gagnera aisément, à condition de faire un peu de tout : piratage, élimination silencieuse, exploration, ennemis abbatus, ... etc.

Dans Deus Ex, éviter le champ de vision des caméras est une règle fondamentale..

Elles sont belles, nombreuses, casse-coui****, mal placées, elles sont... des caméras.

Ce 3ème opus préserve son lot de surprises au niveau du gameplay. Même s’il possède moultes facettes d’infiltration, il reste un FPS assez bourrin. Bien que tout cela varie en fonction de la manière de jouer. Et lorsqu’on décide de vraiment utiliser notre équipement, les sensations sont présentes. Les sensations de tir sont au rendez-vous et le jeu est tout autant splendide sur ce point. Contrairement aux attentes, le titre allie parfaitement action et infiltration comme il a su faire dix années auparavant. Bien que les ennemis ne soient pas des plus intelligents, ils nous donnent quand même du fil à retordre. Certains ne vous verront pas alors que vous aurez placé la moitié de votre corps dans leur champ de vision, d’autres (comme les tourelles) seront alertées dès que vous passerez d’un abri à un autre. Soldats ou robots, vous l’aurez compris, sont plus impressionnants qu’impossibles à contourner. Certains passages nécessiteront une connaissance des lieux ainsi qu’une connaissance du chemin de patrouille des ennemis - certes la plupart du temps limité à un couloir - .

Enquêter, un passe-temps favori.

Les différentes villes visitées seront les principaux lieux de nos enquêtes.

On retrouve dans ce Deus Ex un petit côté niveaux/chapitres qui reste dans le paradoxe du monde ouvert. Notre avancée est scindée en chapitres selon l’endroit où nous nous trouvons. Le premier niveau s’en tiendra aux rues de Detroit, ville dans laquelle nous reviendrons plus loin dans le jeu. Les lieux visités, mis à part les espaces de mission(s), manquent cruellement de challenges et de missions. Alors qu’on aimerait passer un peu plus de temps en ces lieux, le titre nous en empêche en focalisant le tout sur les missions principales et les quelques secondaires à dénicher un peu au hasard. Revenir à la ville en question ou suivre ce plan en chapitres délaisse un gros morceau ici absent dans la liberté du monde. Plutôt dommage car les villes sont vivantes et donnent envie d’y passer plus de temps. Les objectifs principaux, quant à eux, nous enverront sur des lieux de mission dont l’immensité reste un des points forts. Le centre du jeu reposera donc sur ces missions car celles-ci proposeront le lot d’exploration et d’amusement peut-être manquant dans les villes où nous enquêterons la plupart du temps. Les deux parties du jeu, à savoir la partie exploration et la partie action/mission, proposent un gameplay différent puisque dans l’un nous chercherons, parlerons et enquêterons tandis que dans l’autre nous ne ferons que nous battre.

Boss !

Dommage que le look n’égale pas la puissance...

Nous avons déjà engagé la partie sur les missions. Mais il est bon d’y revenir car ce seront les points-clés de l’histoire. Certains objectifs nous mènent, dans ces lieux, à rencontrer des personnages emblématiques et aussi des boss. Ces derniers, pourtant démontrés comme puissants voir sur-humainement modifiés, ne sont guère difficiles à abattre. Chose que l’on regrette amèrement. Ces boss ne nous montrent pas ce à quoi nous pouvions nous attendre et si, par chance, nous trouvons la technique fatale, les tuer ne prendra pas moins de trente secondes...

Franciiiiiis !

C’est beau Francis...

Le level-design du titre s’impose dés le départ comme démentiel. Proposant déjà une surface conséquente à parcourir, le soucis du détail est loin d’avoir été écarté. Ce décor futuriste que l’on retrouve dans chaque lieu fait de Human Revolution un chef d’oeuvre visuel. Rien que le design et la diversité des objets ainsi que des lieux montrent tout le talent de Nixxes (avec le soutien de Eidos Montreal). Les effets d’éclairage accompagnent cette fraîcheur visuelle. Une fraîcheur futuriste qui nous donne le plus grand bien. Les ombrages ainsi que les corps sont particulièrement bien rendus et le jeu ne possède aucune faille sur le plan visuel. Nous pouvons alors discuter des finishing, qui donnent part à une vue cinématique montrant quelques bugs ou encore des textures limitées aux capacités des consoles. Consolisé, en effet, le titre arrive quand même à proposer, en tout cas sur une version PC assez exigeante, un rendu visuel magnifique. Les villes et leurs paysages sont tout juste admirables et nous prendrons énormément de temps à baver devant ce travail démentiel mais si gratifiant.

Terrifiant, n’est-ce pas ?

Les personnages sont originaux ! Hélas, la mauvaise synchronisation labiale gâche tout.

En parallèle avec les visages, nous ne pouvons passer à côté de la honteuse synchronisation labiale qui nuit quasiment à cette immersion dans laquelle nous sommes en permanence plongés. Les visages ne sont pourtant pas mal foutus et, au contraire, ils sont plus que réalistes. Certaines têtes et personnes restent impressionnantes, et feront même penser à un Terminator avec ce corps partagé en deux parties : l’une humaine et l’autre robotisée. Et donc, cette mauvaise synchronisation gâchera paradoxalement l’excellence des voix françaises. Un très gros point noir du jeu qui gâchera, on le redit, énormément à l’immersion omniprésente.

Bande-sonore et image.

Ajoutez à ce plan un fond musical électronique. La classe hein’ ?

La bande-sonore colle parfaitement avec le level-design et cet univers futuriste. Sous fond de musique électronique - dont un extrait était paru dans les bandes-annonces -, nous combattrons, nous explorerons ou nous visiterons. Lorsque nous approchons d’ennemis, cette musique s’accélere pour donner un rythme plus haussé, ce qui accompagne très bien les phases d’action. Michael McCann qui s’est chargé de la BO du titre et qui avait aussi travaillé pour de nombreux titres tels que Splinter Cell ou EndWar, arrive à renforcer cette ambiance visuelle avec des morceaux qu’on commence à connaître par coeur. Du beau boulot !

On y verrait presque le Christ.

On verrait presque le Christ en ces somptueuses flammes...

On s’y attendait forcément et voilà qu’il est venu à nous en nous montrant plus que tout son potentiel espéré. La plupart des joueurs craignaient cette assistance permanente durant le parcours. Il faut bien avouer que les vidéos nous présentaient le titre comme répétitif et peu attrayant sur le plan de l’avancée des missions. D’autres y ont cru dés le début et ont eu raison d’y croire car ce Deus Ex Human Revolution prouve la richesse annoncée dans les premières vidéos. On prendra énormément de plaisir à se balader dans les villes et encore plus de plaisir à combattre. Rien que la classe d’Adam Jensen mérite à ce que l’on se plonge dans ce monde futuriste qui lance de nombreux clins d’oeils à des films connus. Ceci dit, il s’est construit tout seul et nous envoie directement dans cette immersion accrochante. Vous disiez une grosse sortie de cette année 2011 ? Nous dirions même plus : le titre incontournable action/infiltration de l’année ! Rien que pour cette richesse que l’on avait trouvé avec le premier opus. Coup de maître !

Graphismes

17/20

Gameplay

18/20

Bande-Sonore

18/20

Durée de vie

14/20

Note Générale

18/20

Bande-annonce :


Minimum :

  • - Dual Core 2 Ghz minimum
  • - Carte graphique NVIDIA GeForce 8000 series ou ATI Radeon HD 2000 series ou mieux
  • - 1 Go de mémoire Ram sous XP ou 2 Go sous Vista et 7
  • - Windows XP, Vista et Seven avec Direct X 9.0c
  • - 8,5 Go d’espace disque

Recommandée :

  • - AMD Phenom II X4 ou Intel Core 2 Quad Core
  • - Carte graphique AMD Radeon HD 5850
  • - 2 Go de Mémoire Ram
  • - Windows 7
  • - 8.5 Go d’espace disque

La Rédaction Read & Play

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Date de dernière mise à jour : 19/10/2011

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